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La garantie GSC, une protection trop peu connue des dirigeants d’entreprise face aux aléas économiques et sociaux

La garantie GSC, une protection trop peu connue des dirigeants d'entreprise face aux aléas économiques et sociaux

La garantie GSC, une protection trop peu connue des dirigeants d'entreprise face aux aléas économiques et sociaux

Perdre son emploi quand on est salarié, c’est dur. Mais perdre son revenu du jour au lendemain quand on est dirigeant, sans chômage, sans filet de sécurité, c’est souvent violent. Pourtant, il existe une protection spécifique, encore trop méconnue : la garantie GSC (Garantie Sociale des Chefs d’Entreprise).

Dans un contexte d’inflation, de chaînes d’approvisionnement instables, de tensions sociales et de transitions réglementaires permanentes, la question n’est plus de savoir si votre activité sera un jour bousculée, mais quand et comment. La GSC fait partie des rares outils qui protègent directement le revenu du dirigeant face à ces aléas.

Pourquoi les dirigeants sont beaucoup plus exposés qu’ils ne le pensent

En France, la majorité des dirigeants de PME et TPE ne bénéficient d’aucune protection chômage classique. Ils l’oublient… jusqu’au jour où le banquier, l’URSSAF ou le tribunal de commerce viennent rappeler la réalité.

Trois idées fausses reviennent souvent :

Résultat : un nombre non négligeable de dirigeants se retrouvent sans revenu du jour au lendemain. L’Observatoire de la GSC estimait déjà, avant le Covid, qu’un dirigeant sur deux qui cesse son activité repart avec un niveau de vie significativement dégradé pendant plusieurs années.

C’est précisément cette zone grise que la garantie GSC cherche à couvrir.

GSC : de quoi parle-t-on exactement ?

La GSC est une assurance privée qui permet au dirigeant de percevoir une indemnité en cas de perte involontaire de son mandat (et donc de sa rémunération).

Concrètement, elle fonctionne comme une sorte de « chômage du dirigeant », avec des spécificités :

À la différence des produits « assurance perte d’emploi » parfois vendus aux salariés (et souvent peu utiles), la GSC cible spécifiquement les dirigeants non couverts par l’assurance chômage obligatoire.

Qui peut bénéficier de la GSC ?

La GSC vise les dirigeants de sociétés qui ne bénéficient pas de l’assurance chômage. Sont généralement éligibles :

La souscription se fait souvent via :

Conditions classiques (à vérifier selon les contrats) :

Point important : la GSC couvre les pertes involontaires. Un arrêt volontaire d’activité, un départ pour reconversion ou un désaccord non formalisé ne suffisent pas.

Combien ça coûte et combien ça peut rapporter ?

Tout dépend de votre rémunération, du niveau de couverture choisi (taux d’indemnisation) et de la durée (12 ou 24 mois en général). Mais on peut donner des ordres de grandeur pour se repérer.

Imaginons :

En cas de perte de mandat éligible, vous pourriez percevoir :

Le coût annuel de la cotisation varie selon les assureurs, mais on tourne souvent autour de quelques pourcents de la rémunération de référence. Par exemple, une cotisation entre 3 % et 4,5 % de la base couverte n’est pas rare, selon l’âge, le niveau de garantie et les options.

Dans notre exemple :

En clair : un « filet » qui peut représenter l’équivalent de plusieurs années de cotisations, pour un coût relativement maîtrisé sur le budget global de protection sociale du dirigeant.

Autre point non négligeable : selon la structure choisie (contrat collectif, prise en charge par la société, etc.), la cotisation peut être comptabilisée comme une charge de l’entreprise, avec des effets fiscaux intéressants. À valider avec votre expert-comptable, car tout dépend du montage.

Des cas concrets où la GSC change la donne

Pour mesurer l’intérêt, rien ne vaut des situations vécues. Voici trois scénarios très courants.

Cas n°1 : le dirigeant qui se retrouve révoqué du jour au lendemain

Un fondateur minoritaire d’une SAS, président depuis 7 ans, se retrouve en désaccord stratégique avec de nouveaux investisseurs. Le conseil d’administration décide de le révoquer de son mandat. Résultat :

S’il n’a pas de GSC, il bascule directement sur ses économies personnelles. Avec une GSC, il sécurise 12 à 24 mois de revenu, le temps de :

Cas n°2 : la PME plombée par un retournement de marché

Une PME industrielle de 35 salariés, dirigée par un gérant majoritaire, travaille à 70 % pour un seul secteur. En quelques mois, ce marché se contracte brutalement. Malgré un plan de redressement, la société finit en liquidation.

Les salariés bénéficient de l’assurance chômage et du régime de garantie des salaires. Le dirigeant, lui, se retrouve sans revenu, endetté au titre de cautions personnelles sur certains prêts.

Avec une GSC en place, il dispose d’un revenu de remplacement pendant 18 à 24 mois, ce qui lui permet de :

Cas n°3 : le non-renouvellement « propre » du mandat

Dans certains groupes familiaux ou coopératifs, le mandat du dirigeant est tout simplement non renouvelé à l’échéance (changement de génération, rotation des responsabilités, nouvelle gouvernance).

Sans GSC, le dirigeant se retrouve à devoir rebondir vite, parfois après 15 ou 20 ans dans la même structure, sans CV « marché » à jour. Avec la GSC, il sécurise une phase de transition plus sereine.

GSC, Pôle emploi, mandats salariés : ne pas tout confondre

Beaucoup de dirigeants pensent être couverts parce qu’ils ont un « contrat de travail » en plus de leur mandat. Dans la pratique, la jurisprudence est stricte.

Pour bénéficier de l’assurance chômage via Pôle emploi, il faut :

Nombre de montages sont requalifiés en cas de contrôle, laissant le dirigeant sans droit au chômage au moment où il en a le plus besoin.

La GSC vient justement répondre à cette insécurité :

En pratique, pour les dirigeants :

Dans quels cas la GSC est-elle particulièrement pertinente ?

La GSC n’est pas un « must have » pour tout le monde, ni à n’importe quel moment. Mais certains profils ont tout intérêt à l’étudier.

À l’inverse, la GSC sera moins prioritaire pour :

Comment décider, de manière pragmatique, si la GSC vaut le coup pour vous ?

Vous pouvez passer par une grille de lecture très simple, en 4 questions :

Si vous cochez 3 cases sur 4, il est probablement temps d’en parler à votre expert-comptable ou à votre conseil en protection sociale.

Mettre en place une GSC : les étapes concrètes

Pour rester dans l’ADN du blog, allons au plus opérationnel.

Étape 1 : faire un état des lieux de votre protection actuelle

Étape 2 : définir le besoin de revenu minimum à sécuriser

Étape 3 : consulter plusieurs offres GSC

Étape 4 : valider le montage avec votre expert-comptable

Étape 5 : formaliser et communiquer

Erreurs fréquentes à éviter avec la GSC

Comme tout outil de gestion de risque, la GSC peut être très efficace… à condition d’éviter quelques pièges classiques.

Un outil de gestion des risques à intégrer à votre stratégie globale

La GSC ne remplace ni une bonne stratégie d’entreprise, ni un pilotage rigoureux, ni une gouvernance saine. Elle n’empêchera pas un marché de se retourner, un client stratégique de faire défaut ou un actionnaire de vous révoquer.

En revanche, elle permet de transformer un choc potentiellement dévastateur en aléa gérable. Autrement dit, elle achète du temps, du recul et de la capacité de rebond. Pour un dirigeant, ces trois ressources-là sont souvent plus rares et plus précieuses que le reste.

Dans un environnement économique et social où les incertitudes se multiplient, laisser son propre revenu totalement exposé n’est plus un signe de courage entrepreneurial, mais de fragilité stratégique.

Si vous ne l’avez jamais fait, prenez une heure dans les prochains jours pour :

Vous ne souscrirez peut-être pas tout de suite. Mais vous aurez fait un choix éclairé, en cohérence avec votre situation et vos ambitions. C’est déjà un pas important vers une posture d’entrepreneur réellement maître de ses risques.

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